Éléments à analyser
- Résistance thermique
- Présence ponctuelle ou continue du polluant
- Valeurs limites d’exposition professionnelle
- Volume du local et ventilation existante
Découvrez comment bien choisir une protection respiratoire selon le contaminant, la concentration, l’oxygène, l’exposition et les filtres FFP, gaz et vapeurs.
(1) Particules en suspension dans l'air
(2) Compposés sous forme gazeuse à température en pression atmosphérique ambiante. Vapeurs formées par évaporation de solides ou de liquides à température ambiante.
La première étape consiste à déterminer précisément quel contaminant est présent dans l’air. Ce point est fondamental car il conditionne directement le type de protection à recommander.
Chaque famille de polluants appelle une solution spécifique : filtre particulaire, cartouche antigaz, ou appareil isolant selon le contexte.
Une bonne préconisation ne repose pas uniquement sur la nature du risque. Il faut également mesurer ou estimer la concentration du contaminant et la durée d’exposition.
La concentration maximum admissible est renseignée par rapport à sa VLEP (valeur limite d'exposition professionnelle).
Lorsque la concentration de ce dernier est inférieure à 30 fois la VLEP, un masque complet est préconisé.
Si la quantité du contaminant dans l'air est comprise entre 30 et 60 fois la VLEP, un appareil à ventilation assistée est à privilégier.
Lorsque la concentration du polluant est supérieure à 60 fois la VLEP, l'air est considéré comme irrespirable et il faut donc utiliser un appareil respiratoire isolant ou un masque à adduction d'air.
Cette analyse permet de déterminer si une solution filtrante suffit ou s’il faut aller vers un appareil plus protecteur.
Avant de choisir une protection respiratoire filtrante, il faut impérativement s’assurer que l’atmosphère contient une quantité d’oxygène suffisante.
En cas d’atmosphère appauvrie en oxygène, les appareils filtrants ne sont pas adaptés. Il faut alors s’orienter vers un système isolant, de type ARI ou adduction d’air. Une atmosphère pauvre en oxygène constitue un risque vital immédiat. Le filtre ne produit pas d’oxygène
Le temps d’utilisation influence fortement le choix du produit. Une protection portée quelques minutes n’implique pas les mêmes contraintes qu’un port quotidien sur plusieurs heures.
| Situation | Impact sur la préconisation |
|---|---|
| Intervention ponctuelle | Solution simple, rapide à mettre en place, adaptée à un usage occasionnel |
| Port prolongé | Importance du confort respiratoire et de la réduction de la fatigue |
| Usage quotidien | Privilégier la durabilité, la maintenance et l’acceptabilité utilisateur |
La législation préconise de passer en ventilation assitée pour des trvaux dépassant 1 heure dans certaines conditions.
Les contraintes du terrain modifient directement la pertinence d’un équipement de protection respiratoire.
La norme EN 14052 définit les exigences pour les casques offrant un niveau de protection supérieur aux casques industriels standards.
Elle vise des situations avec impacts plus violents ou risques multiples (choc, écrasement, projection).
Il existe 3 classes de filtres. Ils emprisonnent les particules de manière mécanique et électrostatique.
Classe 1 (FFP1) : Pour des particules grossières et de faible toxicité (Calcaire, farine, plâtre...).
Arrête au moins 80% ; dans la limite de 4 x VME*
Classe 2 (FFP2) : Pour les particules irritantes et de toxicité faible à moyenne (bois tendre, laine de verre, Graphite, ciment...).
Arrête au moins 94% ; dans la limite de 10 x VME*
Classe 3 (FFP3) : Pour des particules nocives et de toxicité élevée (bois durs ou exotiques, plomb, silice, chrome, manganèse...).
Arrête au moins 99% ; dans la limite de 50 x VME*
*VME (Valeur moyenne d’exposition) : concentration en dessous de laquelle des individus peuvent être exposés pendant 8 heures sans risque pour leur santé.
R : Réutilisable. FFP3 R : Masque pouvant être réutilisé, dans la mesure où il est en bon état (pas déformé, élastiques ok ...)
NR : Non réutilisable. FFP2 NR : Masque non réutilisable, ils doivent être jetés après un poste de travail.
Certains masques sont conçus pour résister au colmatage, ils présentent une faible augmentation de la résistance respiratoire lorsqu'ils sont chargés en poussières.
Pour vérifier cette propriété, un test (facultatif pour les masques jetables et obligatoire pour les filtres) de colmatage à la dolomie est réalisé et les produits passant cet essai sont marqués D.
Ex : FFP2 R D. Masque pouvant être réutilisé, dans la mesure où il est en bon état + répondant au test de colmatage à la dolomie.
Le marquage d’un équipement de protection respiratoire permet d’identifier rapidement sa classe, son type d’usage et ses performances.
Il constitue un repère essentiel pour vérifier la conformité du produit et orienter la préconisation.
Les mentions visibles sur le masque permettent d’identifier son niveau de filtration, son caractère réutilisable ou non, ainsi que certaines performances spécifiques comme la résistance au colmatage.
Le filtre doit faire apparaître clairement sa famille de protection (particules, gaz, vapeurs ou combiné), sa classe et les informations nécessaires à son bon usage.
Masque jetable marqué NR, masque non réutilisable, il faut le changer à la fin du poste de travail.
Masque jetable marqué R, il peut être utilisé pour une durée supérieure à un poste de travail, cependant il doit être en bon état. Il sera à changer lorsque la résistance respiratoire sera importante et que l’effort d’inspiration deviendra inconfortable.
Filtre poussière, il sera à changer lorsque la résistance respiratoire sera importante et que l’effort d’inspiration deviendra inconfortable. Si vous portez une ventilation assistée, un signal sonore et une vibration (sur certains moteurs) se déclencheront.
Le temps de saturation (ou temps de claquage) est le paramètre déterminant pour connaître le temps réel de protection.
Lorsqu’il est saturé, il laisse alors passer la totalité des polluants.
Il n’existe malheureusement pas de dispositif fiable capable de détecter la saturation d’un filtre anti-gaz.
Les indicateurs sont l’odeur et/ou le goût à l’intérieur du masque et éventuellement une irritation.
La concentration du gaz : plus cette dernière est élevée, plus le polluant va s’accumuler rapidement sur le charbon.
Le débit d’air filtré ou rythme respiratoire : Une cadence de travail élevée ou éprouvante augmente le rythme respiratoire et réduit le temps de claquage.
La température : plus elle est élevée, plus la durée de vie du filtre anti-gaz diminue.
L’humidité relative : Une humidité accélère le temps de claquage.
Les chocs : Les chocs sur la cartouche tassent les capillaires granulés, réduisant le pouvoir d’absorption.
Pour recommander une solution de ventilation assistée adaptée, il est essentiel d’analyser le niveau de risque, les conditions d’utilisation et les contraintes liées au port de l’équipement.
La ventilation assistée est particulièrement recommandée lorsque :
Elle permet de réduire l’effort respiratoire grâce à un apport continu en air filtré.
Un système de ventilation assistée est modulaire et comprend :
Le choix de chaque composant dépend du risque et de l’environnement de travail.
Les appareils à ventilation assistée sont classés en fonction de l’étanchéité de l’appareil dans son ensemble (équipement de tête + moteur + filtre(s)).
TH (Turbo Hood) si la pièce faciale est une cagoule, un casque ou une casquette
TM (Turbo Mask) si la pièce faciale est un masque complet ou demi-masque
L’étanchéité est mesurée en pourcentage de fuite des polluants vers l’intérieur de l’équipement de tête.
Le filtre poussière est uniquement désigné par la lettre P, nous n’avons pas de classe d’efficacité.
| Classe | Filtres éventuels | Pourcentage de fuite maximale vers l'interieur |
|---|---|---|
| TH1 | A, B, E, K, P | 10 |
| TH2 | A, B, E, K, P | 2 |
| TH3 | A, B, E, K Hg, P | 0,2 |
| TM1 | A, B, E, K, P | 5 |
| TM2 | A, B, E, K, P | 0,5 |
| TM3 | A, B, E, K Hg, P | 0,05 |
Les systèmes de ventilation assistée répondent aux normes :
| Couleur | Type de filtre | Agent contaminant |
|---|---|---|
| A | Protection contre les vapeurs organiques dont le point d’ébullition est supérieur à 65°C (solvants et hydrocarbures) : Acétates, Acides (acétique, acrylique), Acrylate (-éthyle de méthyle), Alcools, Benzène, Butanol, Butylglycol, Crésols, Dichloro-(éthane, -benzène, -toluène), Essences aromatiques, Ethanol, dichloroéthylique, Ethylglycol, Isopropanol, Kérosène, Méthyls, Perchloroéthylène, Phénols. (AB), (AK), Styrène, Térébenthine, Trichloréthylène, Trichloroéthane, Toluène, White spirit, Xylènes | |
| B | Protection contre les gaz et vapeurs inorganiques : Acides (cyanhydrique, nitrique, sulfhydrique), Aminopropane, Brome, Bromure d’hydrogène, Chlore, Cyanures, Dioxyde de chlore, Fluor, Formol, Hydrogène arsenié, Isocyanates, Nitroglycérine, Sulfure de carbone | |
| E | Protection contre : Acides (bromhydrique, chlorhydrique, fluorhydrique, formique), Anhydre sulfureux, Dioxyde de soufre, Gaz hydrochlorique | |
| K | Protection contre l’ammoniac et certains dérivés aminés : Aziridine, Butylamine, Diéthylamine, Diisopropylamine, Diméthylamine, Diméthylhydrazine, Ethylamine, Ethylène imine, Hydrazine, Isopropylamine, Méthylamine | |
| AX | Protection contre les vapeurs organiques dont le point d’ébullition est inférieur à 65°C : Acétate de méthyle, Acétone, Bromoéthane, Butane, Chloroéthane, Chloroforme, Chlorure de vinyle, Dichloroéthane, Dichloroéthylène, Dichlorométhane, Diéthylamine, Ether diméthylique, Formiate d’éthyle, Fréons, Méthanol, Méthylbutane, Trichlorométhane | |
| NO | Protection contre les gaz nitreux y compris monoxyde d’azote | |
| Hg | Protection contre la vapeur de mercure | |
| Réactor | Protection contre l’iode radioactif y compris iodure de méthyle radioactif | |
| CO | Protection contre le monoxyde de carbone | |
| P | Protection contre les particules |
| Substance | Protection minimale adaptée | Si présence de gaz et particules |
|---|---|---|
| Acétone | AX | AX + P3 |
| Acétylène | Appareil isolant | - |
| Acide Acétique | B ou E | B ou E + P2 |
| Acide Chlorhydrique | B ou E | B ou E + P2 |
| Acide Cyanhydrique | B | B + P2 |
| Acide Fluorhydrique | B ou E | B ou E + P2 |
| Acide Sulfurique | P2 | - |
| Acide Sulfurique fumant 65% | B-P2 | - |
| Acrylonitrile | A | A + P3 |
| Alcool | A | A + P2 |
| Amiante | P3 | - |
| Ammoniac | K | K + P3 |
| Argon | Appareil isolant | - |
| Arsenic | P3 | - |
| Azote | Appareil isolant | - |
| Benzène | A ou A + P3 | - |
| Brouillard d’huile | P2 / P3 | - |
| Cadmium | P3 | - |
| Carburant Diesel | A | A + P2 |
| Chlore | B | B + P3 |
| Chloroforme | AX | AX + P3 |
| Chlorure de méthylène (Dichlorométhane) | AX | AX + P3 |
| Dioxyde de carbone CO2 | Appareil isolant | - |
| Dioxyde de Soufre | E | E + P3 |
| Essence | A | A + P2 |
| Ethanol | A | A + P2 |
| Ether diméthylique | AX | AX + P3 |
| Fluor | B | B + P3 |
| Formaldéhyde | B | B + P3 |
| Fumées métalliques | P2 | - |
| Hélium | Appareil isolant | - |
| Hexane | A | A + P2 |
| Huiles (bois, lin…) | P2 | - |
| Huiles Isopropyliques | A-P3 | - |
| Huiles usées pour moteur | A-P3 | - |
| Hydrogène | Appareil isolant | - |
| Hydrogène Sulfuré | B | B + P3 |
| Isocyanates (HDI, MDI) | B | B + P3 |
| Isocyanates + Solvants | A + B | A + B + P3 |
| Légionelle | P3 | - |
| Méthacrylate de méthyle | A | A + P2 |
| Méthanol | AX | AX + P3 |
| Méthyl Ethyl Cétone (MEK) | A | A + P2 |
| Méthyl isobutyl cétone | A | A + P2 |
| Monoxyde de Carbone | CO | - |
| Naphta | A-P2 | - |
| Nickel (poussières) | P3 | - |
| Oxyde d’Aluminium (poussières & fumées) | P2 | - |
| Oxyde d’Ethylène | AX | AX + P3 |
| Oxydes d’azotes | NO-P3 | - |
| Perchloroéthylène | A | A + P3 |
| Phénol | A | A + P3 |
| Plomb | P2 | - |
| Produits phyto (traitement agricole) | A2 P3 | - |
| Soude Caustique | P2 | - |
| Styrène | A | A + P3 |
| Talc (sans fibres d’amiante) | P2 | - |
| Toluène | A | A + P2 |
| Trichloréthane | A | A + P2 |
| Trichloréthylène | A | A + P3 |
| Vapeurs de Goudron / Bitume | A-P3 | - |
| Vapeurs de mercure | Hg-P3 | - |
| White Spirit | A | A + P2 |
| Xylène | A | A + P2 |
Les informations présentées sont fournies à titre indicatif.
Le choix d’une protection respiratoire doit faire l’objet d’une analyse des risques spécifique aux conditions réelles d’utilisation.